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都德《小东西》美文阅读:铁环

2019-03-28 10:07:06来源:法语考试网分享
导读:很多同学因为喜欢法国的浪漫主义文化,所以选择参加法语考试来让自己离法国更近一些。说到法国文化,最能体现浪漫主义色彩的就是法国文豪写的书,今天先来看《小东西》吧。

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Des portes de Sarlande à la Prairie il y a bien une bonne demi-lieue ; mais, du train dont j'allais, je dus ce jour-là faire le trajet en moins d'un quart d'heure.

Je tremblais pour Roger. J'avais peur que le pauvre garçon n'eût, malgré sa promesse, tout raconté au principal pendant l'étude ; je croyais voir encore luire la crosse de son pistolet. Cette pensée lugubre me donnait des ailes.

Pourtant, de distance en distance, j'apercevais sur la neige la trace de pas nombreux allant vers la Prairie, et de songer que le maître d'armes n'était pas seul, cela me rassurait un peu.

Alors, ralentissant ma course, je pensais à Paris; à Jacques, à mon départ... Mais au bout d'un instant, mes terreurs recommençaient.

“ Roger va se tuer évidemment. Que serait-il venu chercher, sans cela, dans cet endroit désert, loin de la ville ? S'il amène avec lui ses amis du café Barbette, c'est pour leur faire ses adieux, pour boire le coup .de l'étrier, comme ils disent... Oh! ces militaires !... ” Et me voilà courant de nouveau à perdre haleine.

Heureusement j'approchais de la Prairie dont j'apercevais déjà les grands arbres chargés de neige.

“Pauvre ami, me disais-je, pourvu que j'arrive à temps ! ” La trace des pas me conduisit ainsi jusqu'à la guinguette d'Espéron. Cette guinguette était un endroit louche et de mauvais renom, où les débauchés de Sarlande faisaient leurs parties fines. J'y étais venu plus d'une fois en compagnie des nobles coeurs, mais jamais je ne lui avais trouvé une physionomie aussi sinistre que ce jour-là. Jaune et sale, au milieu de la blancheur immaculée de la plaine, elle se dérobait, avec sa porte basse, ses murs décrépis et ses fenêtres aux vitres mal lavées, derrière un taillis de petits ormes. La maisonnette avait l'air honteuse du vilain métier qu'elle faisait.

Comme j'approchais, j'entendis un bruit joyeux de voix, de rires et de verres choqués.

“Grand Dieu ! me dis-je en frémissant, c'est le coup de l'étrier. ” Et je m'arrêtai pour reprendre haleine.

Je me trouvais alors, sur le derrière de la guinguette ; je poussai une porte à claire-voie, et j'entrai dans le jardin. Quel jardin ! Une grande haie dépouillée, des massifs de lilas sans feuilles, des tas de balayures sur la neige, et des tonnelles toutes blanches qui ressemblaient à des huttes d'esquimaux.

Cela était d'un triste à faire pleurer.

Le tapage venait de la salle du rez-de-chaussée, et la ripaillage devait chauffer à ce moment, car, malgré le froid, on avait ouvert toutes grandes les deux fenêtres.

Je posais déjà le pied sur la première marche du perron, lorsque j'entendis quelque chose qui m'arrêta net et me glaça : c'était mon nom prononcé " au milieu de grands éclats de rires. Roger parlait de moi, et, chose singulière, chaque fois que le nom de Daniel Eyssette revenait, les autres riaient à se tordre.

Poussé par une curiosité douloureuse., sentant bien que j'allais apprendre quelque chose d'extraordinaire, je me rejetai en arrière et, sans être entendu de personne, grâce à la neige qui assourdissait comme un tapis le bruit de mes pas, je me glissai dans une des tonnelles, qui se trouvait fort à propos juste au-dessous des fenêtres.

Je la reverrai toute ma, vie, cette tonnelle; je reverrai toute ma vie la verdure morte qui la tapissait, son sol boueux et sale, sa petite table peinte en vert et ses bancs de bois tout ruisselants d'eau... A travers la neige dont elle était chargée, le jour passait à peine ; la neige fondait lentement et tombait sur ma tête goutte à goutte.

C'est là, c'est dans cette tonnelle noire et froide comme un tombeau, que j'ai appris combien les hommes peuvent être méchants et lâches ; c'est là que j'ai appris à douter, à mépriser, à haïr... O vous qui me lisez, Dieu vous garde d'entrer jamais dans cette tonnelle !... Debout, retenant mon souffle, rouge de colère et de honte, j'écoutais ce qui se disait chez Espéron.

Mon bon ami le maître d'armes avait toujours la parole... Il racontait l'aventure de Cécilia, la correspondance amoureuse, la visite de M. le sous-préfet au collège, tout cela avec des enjolivements et des gestes qui devaient être bien comiques, à en juger par les transports de l'auditoire.

“ Vous comprenez, mes petits amours, disait-il de sa voix goguenarde, qu'on n'a pas joué pour rien la comédie pendant trois ans sur le théâtre des zouaves.

Vrai comme je vous parle ! j'ai cru un moment la partie perdue, et je me suis dit que je ne viendrais plus boire avec vous le bon vin du père Espéron... Le petit Eyssette n'avait rien dit, c'est vrai ; mais il était temps de parler encore ; et, entre nous, je crois qu'il voulait seulement me laisser l'honneur de me dénoncer moi-même. Alors je me suis dit : “Ayons l'oeil, “ Roger, et en avant la grande scène ! ” Là-dessus, mon bon ami le maître d'armes se mit à jouer ce qu'il appelait la grande scène, c'est-à-dire ce qui s'était passé le matin dans, ma chambre entre lui et moi. Ah ! le misérable; il n'oublia rien... Il criait : Ma mère ! ma pauvre mère ! avec des intonations de théâtre. Puis il imitait ma voix: “Non, Roger! non ! vous ne sortirez pas !...” La grande scène était réellement d'un haut comique, et tout l'auditoire se roulait. Moi, je sentais de grosses larmes ruisseler le long de mes joues, j'avais le frisson, les oreilles me tintaient, je devinais toute l'odieuse comédie du matin, je comprenais vaguement que Roger avait fait exprès d'envoyer mes lettres pour se mettre à l'abri de toute mésaventure, que depuis vingt ans sa mère, sa pauvre mère, était morte, et que j'avais pris l'étui de sa pipe pour une crosse de pistolet.

“ Et la belle Cécilia ? dit un noble coeur.

- Cécilia n'a pas parlé, elle a fait ses malles, c'est une bonne fille.

- Et le petit Daniel que va-t-il devenir?

- Bah ! ” répondit Roger.

Ici, un geste qui fit rire tout le monde.

Cet éclat de rire me mit hors de moi. J'eus envie de sortir de la tonnelle et d'apparaître soudainement au milieu d'eux comme un spectre. Mais je me contins :

j'avais déjà été assez ridicule, Le rôti arrivait, les verres se choquèrent :

“ A Roger ! A Roger ! ” criait-on.

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